Bientôt, l'enseignement de l'Ecole des Beaux-Arts, statique et routinier, lui semble sans issue; il pressent autre chose, quitte l'Ecole et, en 1925, crée l'Atelier Saint-Luc qu'il installe dans une vaste salle désaffectée d'une usine de dentelles. Plusieurs élèves de l'Ecole, des sympathisants, dont un militaire, un poète, un sculpteur et d'autres, venus du monde de la dentelle le rejoignent. L'enthousiasme est grand: étude du modèle vivant, natures mortes, peintures d'imagination. Nous nous partageons les murs de plâtre qui seront bientôt recouverts de scènes mythologiques caricaturales.
La peinture de REGNER laissait entrevoir son attirance pour la "décoration" murale qui fût, plus tard, l'objet de ses recherches. Dans cette cordiale ambiance, chacun recevait de tous et donnait à tous. REGNER qui était notre aîné, laissait entrevoir sa vocation d'enseignant: passant négligemment parmi nous, il donnait ça et là quelque conseil pour celui qui voulait bien l'entendre et sans jamais pontifier. En même temps et sans doute sous l'influence diffuse de sa mère, il s'adonne à une étude très poussée de l'ésotérisme, de la parapsychologie et aussi du dessin automatique des surréalistes.
Texte de Henry Lhotellier paru dans la revue BONONIA, n°18 du 1er semestre 1991, revue de l'Association des Amis du Musée de Boulogne-sur-Mer.